L’IA sans DA ?

L’IA sans DA ?

Chaque jour, nos fils de réseaux sociaux se remplissent d’images générées par IA.
Certaines sont réussies, certaines seulement.
Alors je pose la question : sans la vision d'un directeur artistique, ne risque-t-on pas un nivellement par le bas ?

Partout, les images générées par l’IA fleurissent. Plus une publication sans que chacun, spécialiste ou non, y poste une vidéo ou une photo, le plus souvent avec un résultat tout simplement médiocre. Bluffant, mais médiocre.

Attitudes et sourires figés, décors improbables, démarches bancales, perspectives hallucinantes… impossible d’énumérer toutes les aberrations permises au nom du cool (regarde comme moi aussi j’utilise l’IA).

Quand j’en fais la remarque aux « créateurs », on me répond : « vous avez l’œil ! », ou encore « oui, on l’a postée, mais il reste du travail » – alors même que la publication vantait la qualité du résultat obtenu.

Oui, le métier de Directeur Artistique c’est d’avoir l’œil, en effet. De mettre chaque choix graphique au service de l’idée : attitude, expression, couleur, cadrage, mise en page… Tout ce qui semble manquer dans ces images qui inondent nos réseaux et nos rues.

Séduites par l’immédiateté, certaines marques semblent prêtes à troquer profondeur, esthétisme et qualité contre facilité, rapidité, gratuité. Un mauvais calcul selon moi, l’économie se paie cash en perte d’image de marque.

 

Dans les années 2000, l’arrivée des banques d’images a déjà provoqué un sacré nivellement par le bas. Elles ont imposé un style, ou plutôt une absence de style, auquel notre regard - et surtout celui du public - s’est finalement habitué.

Et on s’étonne de regretter les grandes campagnes d’une époque qui semble tellement lointaine.

Je crains, à vrai dire, le même phénomène avec les images générées par IA.

L’outil est puissant, certes. Guidée par le regard d’un Art Director, l’IA aide à produire des campagnes parfois remarquables. Mais sans ce regard, elle reste une machine à fabriquer des clichés : des images trop souvent sans idée, lisses, parfaites. Trop parfaites pour être humaines.

Alors, ramenons un peu d’humanité, de pertinence et de qualité dans tout cela. L’œil des DA n’a jamais été aussi précieux. Ne nous en privons pas.

Jean-François Meys

Jean-François Meys

Partenaire engagé, j’allie stratégie et créativité pour aider marques et associations à clarifier leur raison d’être et à augmenter leur impact.

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